j’avais pas peur au début. à la fin j’étais sans âge

  il y avait quelqu’un. quelqu’un c’est pas grand monde. une âme presque personne
  je l’ai embrassé pourtant, ou l’inverse je ne me souviens pas vraiment. il y avait quelqu’un
  quelqu’un du genre y a pas grand monde

  un cheval. on a fini par l’abattre un cheval
  ça remplaçait un homme, juste pour ça
  pour l’abattage. et là d’un coup je me sens fort dépourvu
  puisque abattre existe, il faut bien que cela s’abatte, et quelqu’un sur lequel
  cela s’abatte

  ma manivelle a toujours fui, je suis l’amant
  d’un soleil d’hiver.
  au bout d’une vie je me sens comme un champ dévasté. il serait plus raisonnable d’être mort
  plutôt que ça, quoi que soit ça, tombé des nues

  mon chien aboie. bon on éradique le chien vu que le chien de toute façon
  n’existe pas. reste l’aboi, quant à lui bien réel, plus que réel lui la colonne
  vertébrale
  de toute réalité. c’est à dire d’un chien
  errant – un chien forcé ça c’est errant, sinon rien.
  tellement honte d’être encore là

  la vie sublime, la perle rare. d’ailleurs je me rappelle rien. triste mensonge.
  trouver le trou. le chas l’aiguille mais là avec mes grands yeux de bigleux, tâter le trou, le chas l’aiguille
  j’en perds le fil…

 

j'avais pas peur au début. à la fin j'étais sans âge

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