la joie marquée fuyante

  on ne peut avoir raison contre le néant, l’irraison pure
  face au néant, chacun perd sa raison
  c’est comme chercher minuit à quatorze heures, alors même que j’ai cessé sinon d’être, du moins de croire que l’être est, péché contre l’esprit s’il en est
  mais happy hour où sans espoir…

  l’étrange façon de resserrer les coudes contre son corps en attendant qu’ça passe
  entre soi et personne la seule épaisseur d’un souvenir, je range mes bretelles dans la boîte en carton
  définitivement, je n’irai pas plus haut

  tout bien pensé, le néant est l’exacte négation de la mort, ou son image inversé dans le miroir sans fond
  j’ai introduit un rond dans la fente, en espérant qu’il ne pleuve pas
  et que personne ne fonde en larmes tout à coup, du simple fait qu’il souffre

  ce que j’aime avant tout dans le néant c’est son silence, un silence qu’on n’entend pas
  un silence à notre image quand précisément nous ne ressemblons à rien
  si la douleur s’immisce et pourtant elle ne brise, car juste un peu de sable qui crisse sous un peu de sable là plus profond encore,
  où le miroir n’accède…

  je n’y peux rien. je suis entré dans le néant de mon poumon. au terme de la régression imagine un coquelicot
  imagine le néant sous la forme d’un coquelicot. négocie le pavot
  le néant achève la destruction. c’est toutefois toujours le néant qu’on détruit

 

la joie marquée fuyante

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