mon dieu est un homme qui ne dit pas merci

  une âme errante. on dirait presque qu’elle le fait exprès. une âme errante c’est un homme pas enceinte
  pas encore
  tombé enceinte
  puisque enceinte veut qu’on y tombe
  et qu’on ne trouve là qu’un cheval harassé, épuisé
  de traîner tout le poids du monde, d’un monde tout en pesanteur, pesanteur d’un vide, d’un
  vide sans destin, vide hors compétition

  vendre une voie. je suis l’homme qui n’achète rien, je suis l’homme d’un rien
  toute la vie dit j’aime une femme, or moi je dis je n’aime pas une femme
  je suis la femme sans sexe, l’oreille outrée
  seul un mort vient m’embrasser. je lui recrache sa morve
  je lui recrache ses os
  je lui recrache la mer

  quelqu’un en moi n’appartient à personne, et surtout pas à soi
  un chat crevé et t’as beau le masser, tu ne réussiras pas
  à le ressusciter. je vais nulle part
  éventuellement je vais nulle part, nulle part ne
  me trouve. que je m’habille comme ci, que je m’habille comme ça, nulle part désigne le lieu
  où s’incarne mon absence

  un vieux est trop gras, un vieux est trop maigre, pour résumer mon désarroi
  je plante là ma tente, je n’ai pas de piquets, le vent remplace les piquets
  je vais d’un amour deuil
  en conséquence de quoi
  en conséquence de rien
  le rien, cet homonyme d’attila

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