le ciel, chaumont, le ciel

  l’humain offre une issue à l’homme qui rame
  qui rame d’une seule main, d’une seule rame ou qui rame sans les rames, comme on se branlerait sans les mains
  et qu’on s’tient là debout tout nu sous la pluie, sous un déguisement d’humain
  j’ai rêvé d’un humain avec des cheveux – je ne saurais pas comment les toucher, ces cheveux

  un homme est mort avant moi, que seule ma mort apparemment
  ressusciterait. il n’y a pas d’excuse à cela. moi je n’ai aucune excuse
  pour quoi que ce soit. vivre n’égrène qu’une suite d’humiliations, et rien de plus humiliant pour parer à cela
  que de relever l’orgueil d’une tête, tout faux avec la tête

  un crabe est né. peu importe le nom dont on l’a affublé un crabe est né, une pincette
  on s’amarre au noir et chacun tire de son côté, s’arrachant ou nous arrachant l’un l’autre (le noir et soi) les tripes
  en une unique séquence je vis de vive vision tout ce que j’avais en moi toujours vu, ignorant qu’il fut vrai
  : une femme voilure blanche sur un vélo hollandais s’élevant dans les airs, jusqu’à disparaître derrière la cime des arbres
  car il y avait des arbres en ce temps-là, maintenant à la surface le parc fondamental

  mon chien d’abord mon chien après, et la crotte au milieu, à partie de laquelle insidieusement
  la possibilité d’un chien.
  j’arrache mon g’nou
  j’arrache mon knout
  je me dis tout est bien qui finit mal, je tombe à g’noux
  dieu ne me guérit pas. le néant ne me guérit pas. il faut se droguer

 

le ciel, chaumont, le ciel

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *