néant soudain

  il y a des fois un homme ou deux. des fois. des fois deux
  il y a des fois qui se courent l’un derrière l’autre, ou l’une, il y a toujours un homme en trop, un trou ou l’autre
  un trou en moins

  je n’achète rien je me dis juste que c’est pas comme ça – les bonbons sont sucés…
  on y pêche à la mouche. bon. rien. on y pêche au coquelicot. bon
  et puis c’est tout

  j’ai rêvé que j’avais la bouche pleine de gravillons et que je me fourrais les doigts dans la bouche pour les retirer mais c’était mes dents, toutes mes dents en morceaux que je retirais là, recrachais jusqu’à plus rien de dents
  mon plus gros mensonge fut dieu : il n’est là que si je le renie. la morgue

  un monde sans dieu
  un bout de fer rouillé, comme il en traîne sur les chantiers ou comme on en a tous un nageant à contre-courant dans le colon. une poupée empaillée
  un monde sans dieu, un clou s’enfonçant en toute planche, chair de salut, en plein dans l’sein – un monde sans dieu quoi
  une vie sans vie

  et soudain le miracle
  néant soudain le miracle

 

néant soudain

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