nourrir sa vierge de petits poissons crus

  poussière étrange, étrange poussière – de celles qui ne se ramassent pas ni qu’on souffle dessus. on souffle sur une poupée, un nuage de poupée, une poupée-minute c’est effrayant
  – sensation qu’on trucide un brouillard

  le couloir nous éblouit, on n’est pas vitre pour ça. on n’est vitre pour rien, par hasard ou pour poser front tout contre le paysage; pour se briser, ne plus savoir de quel côté dedans de quel côté dehors, ni qui suce en dernier lieu
  le dernier lieu a fait chou blanc, dorénavant l’espoir
  décime nos attentes

  il y avait un garçon, et ce garçon toujours sur un nuage
  or ce nuage avait la rage. stratosphérique, nuage vénéneux
  elles ne font plus illusion, les filles des bords de quai

  s’il y avait un homme il y aurait un homme. et personne ne lui répondrait, pas une femme, souple pousse de saule
  suis-je l’être qui sans savoir, t’a marché sur le pied – plus que le pied peut-être même, t’a pissé sur la lune ?

  j’ai l’informe d’un tas de linge, rappelle-moi si tu reçois ce message
  j’ai peur du vide aussi, qui n’a pas peur du vide mais plus encore, j’ai peur de tout ce qui peuple ce vide, ce vide hors de soi
  si tout au fond de moi

 

nourrir sa vierge de petits poissons crus

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