chaque caresse abolit la mort, abolit comme un délit de mort. et c’est mort que je cours pieds nus sur le gravier, le sexe secoué d’est en ouest débroussaillant
les nuages macchabées
semer quoi, semer des pissenlits, sur nos existences rognées. éventuellement cela m’évoque un phare – un phare non pour signaler le port, rentrer bredouille au port mais pour défaillant,
déborder sur le large, rentrer bredouille au large
oh dieu, quel état d’âme oh dieu, quelle sortie d’autoroute. quel ventre en loques recevant sans broncher sous les coups de boutoir la semence énervée
on en restera là, effaré comme on dit, dévié de la terre promise
est-ce que tu voudras vivre toute la vie avec moi ou t’es mort, t’esquintant à recoudre à la bouche
le palais et la langue.
je ne connais d’humeur que la vie que l’on serre entre ses mains fébriles, ses petites mains déphalangées
de mère célibataire
j’ai versé dans le crachoir je ne me souviens plus vraiment
de quel côté tombe la larme, sur quel corps atrophié, à ma décharge privée – fosse commune où il faut bien l’avouer,
mourir m’a coûté toutes les dents…
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