séquestration d’une immortelle

  je marchais mais plus je marchais, moins j’avançais, en contrebas des pas perdus
  j’aurais du faire quelque chose je sais, j’aurais du
  prendre la fuite à bras le corps, descendre du missile en marche j’aurais du…
  jusqu’à me retrouver là tel indigent, en retrait de tout ce que j’aurais du donc mais ne

  les odes, les morts, et tout le matériel signifiant on dirait bien que le décor
  s’est effondré sur eux et s’il fallait en tirer quelque conclusion non, n’en tirons rien :
  qu’un vent claque et les transmissions enrayées – un ciel pur en bref,
  un vide en toute sa gloire

  les unions ressemblent aux unions, telles qu’elles avortent un quart d’heure avant les éléments qui la composaient lesquels
  désormais se retirent en ordre dispersé tu vois non tu vois rien, il faut donc te
  regonfler les paupières, en secouer la poussière afin de
  t’insuffler vue nouvelle, éradicale

  tu crois qu’on pourrait s’embrasser mais sans la bouche (sucées succions), sans en parler à personne non plus, la langue séquestrée ?
  tu pourrais faire semblant de regarder ailleurs pendant que je passe derrière toi anonymisant ainsi
  les formes du réel. pour un sou, deux sous de bonheur exigu

  contre la vérité je ne fais rien, m’habille à reculons
  il reste si peu de temps, si peu de temps l’éternité, variantes régionales
  on s’en remet – difficilement, on s’en remet au vide…

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