trou dans l’nombril

  je n’irai pas
  par quatre chemins je n’irai pas
  par un seul chemin : je n’irai pas du tout.
  déterre un pied, soulève
  le sourcil droit – on ira où on veut et même
  où on ne veut pas. ça s’arrête à présent

  je suis bourré d’absence, la rare ébriété
  tout un cortège m’ennuie.
  si tu veux je regarde par là, si tu veux je m’affaisse à quelques millimètres à peine
  du trou de balle d’hélène, j’abdique d’une chaise vide
  déjà, je manquais à l’appel…

  je cherche la racine, et me voici raclant une poignée de sable
  : c’est pas l’écho qui fait la voix.
  à part ça tout va bien, je me rince les os à la fontaine bouchée,
  j’ tire la gueule au métro port’ de vincennes

  une armure à ma ceinture – j’gobe les mouches
  pour être plus exact, j’gobe une mouche
  pour être plus exact encore, j’lui arrache les ailes, j’la sodomise, j’lui bouffe la tête
  c’est un verrou d’posé et c’est un dur métier : si je traverse la rue, or la rue me traverse

  méthodiquement
  presque héroïquement
  la vitre perd ses ch’veux.
  je vais à la mer. et quand je dis je vais à la mer, je dis ça comme on dit tiens j’vais me pendre
  j’vais me pendre à la mer
  et nul besoin de corde pour cela : respirer suffira

  je jouis debout, un glaçon droit dans l’âme
  iceberg de miséricorde
  si tu me lèches avec une minuscule langue de chat, on n’en finira jamais, et on n’ira pas loin
  pas loin me touche la joue
  jouir à genoux, un glaçon dans le g’nou

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