zéro chameau

  ronds de suture
  mais ronds quand même
  en quelque morte

  tu sèmes
  à tout hasard
  des pluies au nord

  ronds de fumée
  large enjambée
  – flotter dedans

  un ciel seulement, mais
  un ciel ouvert
  un ciel en pente

  j’en attrape un
  le remets dans le sac
  un homme s’évade

  un homme seulement, ciel sous verre
  penché sur
  son ombre maigre

  si profond qu’une
  enclume y
  flotte nue

  entre les branches
  entre les algues d’un
  astre mourant

  t’as la démence
  d’un chat qui pue
  la vulve à vif

  on se remémore peu :
  un ventre
  vers les sous-bois

  batifolant, des seins
  de vénitienne
  la seine en contrebas

  j’ai si peur de rester
  en place, chasse gardée
  rêve d’almanach

  c’est pas comme si
  rêveur et le rêvé pêchaient
  du même bord

  maintes fois, maints courants d’eau
  j’épluche la pomme
  d’un seul tirant

  il n’y a plus rien en moi
  coiffé d’un ras nuage
  – la soif m’a déserté

 

zéro chameau

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