panne d’électricité gigantesque
panne d’électricité. un jour je ploie le genou, un jour j’ouvre le parachute
il n’y a pas d’âme entre les deux. en fait, tout l’entre-deux est occupé par l’absence d’âme
et c’est là-dedans que retombe le sperme
chacun d’eux tremble un peu, histoire de devenir –
et toi et nous, et moi et soi, qui ne devenons rien, assis saugrenument sur nos talons
il faudrait qu’on s’héberge, qu’on se pince et se tire le téton, il y a des jours comme ça
où l’on s’effraie d’un rien. des jours comme ci
où qu’on fait plus vraiment semblant
t’as soif. tu te bourres la gueule de neige. il parait qu’on passe à côté de soi, qu’on se rate de peu, la tombe vide
ciel maussade, l’entrejambe moite. j’y verse une gourde. on n’aime pas les enfants
rien de plus sale que de s’aimer soi-même. rien de plus sale que l’innocence
je suis une bombe dans ma maison, et ma maison une bombe en moi. du coup je ne reconnais plus les lieux
et que l’on jette une balle au milieu, style un nouveau-né dans un ban de requins, il ne se passe rien
tout rentre chez soi – exceptés le ballon, le parc vidé de son sable et de son sceau, la pluie qui se retient
de tomber trois fois pour rien, merdique mélancolique…
jusqu’à preuve du contraire, nous sommes immortels. et l’immortalité se trompe de trou
j’ai baissé ma culotte, il y avait des ronds au fond de l’eau. le fond de l’eau est rond, aussi
effectivement, les ronds remontent, d’une immortalité blessée…
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