chien la margelle, mais margelle pure

  chien, sans arrêt chien, mais chien partout
  le néant croît, crache-toi dessus et le ciel te crachera
  dessus
  – y a pas de parapluie
  pour ni contre ça

  à partir de l’âme et au-delà, j’ai trempé mon quignon
  dans le lait tiède. survivre retoque les hasards, fuir va dans le sens
  d’une luge en pente libre

  quelle est la mort d’une tombe vide, de quelle absence parle t-on
  qui ne répondrait à aucun nom ? les tresses, les nattes
  et même les chignons ébouriffés, les vagues affligées de leur creux
  – à force d’être soi, on n’a plus rien été

  en prenant soin de moi, or de moi je ne sais prendre soin
  un homme en moi se refuse à poser une main ne serait-ce que charitable sur mon épaule
  ou toute autre partie de mon corps
  et quand je jouis, c’est le bouchon périphérique

  je n’aime pas les morts – coule entre les morts et moi
  toute l’eau d’une chasse, je ne ressens
  aucune pitié à mon égard, et l’homme sans pitié en effet ne mérite
  pas d’exister, dût-il se réfugier
  derrière les roses…

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