il ne pleut pas, je n’ai donc aucune excuse
appartenir à quelque chose de plus grand que soi, qui ne soit pas le rien, le vaste négligeant, le vide extrême, saccage le front de mer
imagine aboutir au lieu où non seulement dieu n’existe pas mais où cette inexistence-même
n’existe pas, ou que rien ne valide
je n’ai rien fait j’ai juste voulu
manger mon corps, et faute de corps juste
dégueuler tout mon saoul, je ne t’ai pas touché les poils du pubis
pas pissé sur tes pieds nus, ni gratter les aisselles en soutirer le suc
je me suis simplement tranché la sexure, comme si de rien n’était et vraisemblablement
de rien cela n’était
quand je ne sais pas quoi foutre je fume, et dès l’origine je sus qu’il n’y avait rien à foutre
dès lors s’ouvrait le paysage, un paysage c’est ça, par l’entrebâillement d’un chemin
après quoi je pris le sexe entre mes mains. mes mains le sexe. il ne se passa rien
nous n’avons pas discuté
ta mère était tranquille, trimballant son cadavre, au mieux sa carcasse
de ci, de là, de ci et de là
si j’étais un homme je revendiquerais une mère
si j’étais une mère je servirais de piquet de grève et pourquoi pas
me chier dessus, vu le temps qu’on s’y blesse…
j’ai soulevé votre robe aussi haut que je pus cependant je n’ai rien vu
rien entendu, rien reniflé
j’ai même cru un instant que vous vous étiez absentée
quand le zéro partout zéro, condition exclusive du mirage, or quand le mirage partout zéro, zéro partage, et cette histoire de dents
se cognant contre les dents, contre-courants des langues
je ne survis que par ma douleur mais où donc ma douleur
se terre t-elle ?

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