le temps n’est pas méchant, il racle avec ses dents
j’ai l’âge de n’être plus qu’une habitude, ou que par habitude, dites qu’à force de ronger son frein celui-ci
finira par lâcher
l’ange ne pose un pied à terre sans y perdre ses ailes, ou du moins sans y laisser quelque plume
que l’on retrouvera tôt ou tard au chignon de certaine coquette…
après tout pourquoi pas ?
dieu dans un seul panier, percé se dit panier
à quoi bon continuer, si l’on n’y risque rien ?
seul changeant face à l’inamovible, seul immobile face à l’évanescent
je me suis maintenu à un souffle de l’insignifiance sans jamais cependant
m’abandonner à son harmonie. toujours en-deçà d’une pluie, perdu dans ce laps ballotté entre un flac
et un floc
le dieu sous la virgule, le souffle-sœur en continu
il faudra vivre de vivre mal, ou de ne même pas vivre – le vide entre les barreaux dans la cage du moi
sera toujours plus large que le barreau
entre le vide et soi…

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