les yeux dans l’plâtre. la main armée d’une caresse pleine d’épines
et si je m’achète un couteau, et si je rôde le soir en bordure de parc…
où rentrer, qui ne soit lié à aucune dérive ?
la lumière abîme tout, invisibilise l’essence et plus que l’essence encore: l’évidence de son absence
par exemple je pose un galet sur un autre galet, et l’idée-même que cela n’en fera jamais une tour
me ramène à la raison flottante, celle qui ne compte…
les pieds à plat, et par contraste
avec la terre qui tourne.
à maison l’cul mais où comptes-tu aller, toute porte close et les bistrots déserts?
un homme s’est noyé dans sa propre pisse, étranglé de ses propres mots
comme il passait par là, attentif à ne déranger la moindre brise…
le champ je ne laboure pas, c’est comme
marcher dans des chaussettes mouillées, le champ
je ne le foule pas. je ne me foule pas, c’est juste un truc immense, une fleur de verre
ça ne se déplace pas
les bouches enfoncées dans leurs gosiers, ainsi réduites, dégurgitent un lourd silence. j’ai bien d’la peine
j’ai bien d’la peine à admettre que tout ne finit pas
par retomber, par s’esclaffer, couper tout c’qui dépasse j’ai bien d’la peine
à quitter toute la peine
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