l’amie sans fin

  s’il fait froid, tu aères plus souvent. il faut vivre n’est pas méchant
  il faut vivre prend place auprès d’un homme en berne. et monte la garde
  s’il fait froid, te rendors tout tremblant. ne te rends pas malade

  il monte le son. il en faut plus pour coucher sa maison
  toucher tout ce qui est mou le laisse sur sa soif, et sans-voix monte le son
  git comme une bête au fond du trou, saccage toute issue

  remonte le chauffage. que ça brûle d’un côté autant que ça gèle de l’autre
  je ne suis rempart à rien. le mal qui ronge me lèche les mains, puis tout le corps
  et tout le corps à l’avenant – il lui reste à saisir quelque chose par le centre ou au milieu

  j’échafaude un non-plan, puis je rentre dedans, avec toute la vigueur que je ne me connais pas
  gonflent les nuages, et vont s’effilochant. l’idée fixe d’un lit ne les effleure pas
  tu t’allonges et tandis qu’allongée là, j’affûte ma boule de cristal

  la dernière fois que je l’ai vue un miroir m’a littéralement défiguré, traversé le visage
  une simple barrière n’a pas pu s’ériger. la guérite à son bord
  pendu sans sa corde je navigue entre deux eaux. il faut bien passer le temps

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