les gens dans les villages

  l’amie n’a plus d’ombre sur sa nuque, l’amie
  s’est rasé l’ombre de la nuque, le poil narguant l’anus. il fut un temps
  il fut un temps jadis
  l’amie s’est rasé l’ongle sur mon dos

  que je n’emporte rien. qu’on laisse traîner là
  mes affaires ma gomme, mes crayons de stupeur. j’encule tout par terre
  que l’on ne me retienne pas, ni rien de moi, ni moi de soi. le train c’est confortable. plus confortable que le car
  le train c’est cher.
  que je n’emporte pas

  extraire un pied d’la vase soit, mais si c’est pour le replonger dans la même vase…
  sortir un pied le maintenir hors flot soit, l’autre
  portera tout le poids, s’enfonçant doublement
  à la rame ou au sceau, devant me tend miroir
  et miroir m’en balance

  j’y reviens. et comme j’en reviens, me croise à mi-chemin
  la main droite dans mon dos cherche celle de gauche. mon dos ne mesure pas
  il y a une tristesse et cette tristesse nous vieillit – ainsi
  devançons-nous l’éternité

  d’où l’idée d’un détour, d’un détour sur soi
  le rien restant, seul restant, prend l’odeur de la mer
  or la mer ne dort pas. le phare l’en empêche
  le phare l’en empêche chaque fois
  le phare m’en empêche, aussi

 

les gens dans les villages

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