on s’arrange avec les dents

  … qu’entre l’os et la plume flottait l’idée d’un ange. c’est pas toute la misère c’est juste un blanc
  tanguant entre deux seins – ouvrir fermer, fermer ouvrir
  creuser le vide

  il fait tout l’temps, quel que soit l’temps il fait tout l’temps
  beau ou de merde, on ne ressemble qu’à soi, la tête à grand peine émergeant
  du rien confidentiel
  et j’m’en fous plein partout

  vulve comme elle te châtre, avec les dents devant, rampant
  s’il y a un homme ce n’est que l’idée d’un homme, déviante, ou dérivant d’un toit, d’une poutre
  enfin, ce n’est que ce qu’on se raconte…

  si j’arrive quelque part c’est qu’il est déjà trop tard, et trop tard
  n’avorte pas.
  j’aurais voulu disparaître, disparaître de moi, et du reste avec moi. j’avais pas apporté
  ma brosse à dents. violette, ma brosse à dents. juste pour la reconnaître

  je recule mais jusqu’où, c’est la seule question
  acculé à la mer on sait qu’on n’ira pas plus loin, oui mais d’ici à pas plus loin quelle marge, quel large ?
  évidemment que je demeure là
  où tu, nul, je
  ne m’attends pas

 

on s'arrange avec les dents

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