de toute la nature morte et de toute la nature morte, le lien est mort. le lien est mort et je n’y puis rien faire
il y a un arbre aussi, ou ce qui semble être un arbre, en tout cas l’être d’un âme, bordant la route
réalité cachée réalité crachée, sous couvert d’un jour creux
on s’y perd. caillou jeté dans la mare, on s’y perd
il fait donc jour plus tôt que prévu, les horaires de marée
ont sonné la décrue. un ciel fait le mur, mur assis sur un mur
puis retombe au milieu, un peu comme en enfance, légèrement au milieu
j’ai beau marger, les mollets gonflent
me reste un souvenir encore du temps où j’avais des souvenirs
avec des rideaux qu’on entrebâille, quelques poils frisonnants débordant du slip
me rangeant sur le côté, j’imagine que je ne sers à rien
d’autre qu’à ne pas me faire écraser
j’ai bouffé mes bonbecs. il m’en reste trois papiers tout froissés dans la poche
dont un où s’inscrit le taux de mon absence, ou de l’attention présente portée à cette absence
d’après laquelle les choses ressemblent précisément à ce qu’elles ne sont pas – petits commerces inessentiels en enfilade d’une rue pas plus longue que mon bras
fuir devient l’impératif, l’espace à qui sans corps, le souffle à qui soupire
autour de moi le vide entier se décompose en mille détails insignifiants sur le miroir inversé de la conscience
j’avale ma pisse
c’est comme qui dirait j’ravale ma pisse
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