chien, chiourme, et la potence

  chacal, chacal lové
  on se battra pour moi, on se bat bien pour du vent
  il paraît qu’un effort n’en valait pas la peine. on a fini par s’aimer, vu qu’il ne restait rien
  à aimer, parachever, persévérer dans la durée
  durée trouée

  on s’embrasse par contumace, avec des bouches en plastique mol
  les grands sèment le vent. les moindres, seulement moindres, récoltent la poussière, de sauvages tourbillons par-delà la poussière
  on transperce la mort de nos petites cuillères et même, de nos petites cuillères,
  qu’on lui déterre les yeux

  j’arrive un jour mais j’arrive pas. et le jour court encore
  si je savais où aller, j’irais. si je savais qu’être je l’éviterais. d’un sombre rocher je me suis jetée
  ou bien défenestrée, peu importe puisque
  à la mer ou autre sol n’ait jamais succombé, retourne à ton émigration

  j’arrive à peine à te dévisager. faut dire
  que regarder ne me regarde pas. ou plus. ne me regarde plus.
  j’ai toujours craint les dimanche j’ai toujours craint
  qu’il advienne quelque chose un dimanche. un dimanche
  a envahi toute ma vie

  je te lance un gifle mais le temps qu’elle te parvienne ce n’est plus que caresse
  que caresse entends-tu, que caresse le sens-tu, ébréchée presque rance
  ce qu’il y a de pur en moi s’est vidé de sa race et a jeté sa pierre
  sur la marelle d’un outre-temps

 

chien, chiourme, et la potence

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