l’éternel non-retour

  le dieu d’avant la porte, après la porte c’est trop tard, il tend son gant et sous son gant nulle main ne défile, nul doigt ne se faufile

  j’arrive donc à la raison pure, la raison pure de raison comme on déblaie la neige – mais à quoi bon déblayer neige qui ne cesse

  défection, alors là tout à coup, on fait la défection. il ne reste de monde que les lèvres tendues à en embrasser le creux

  blanc dans les yeux, blanc dans les poches, on ne mange pas ses béquilles avec passion, ni ne s’épanche de façon propre sur ce qui finalement ne jouit pas très longtemps

  quarante-neuf fois le mont vouloir, avant de retomber au terme vide, lequel n’appartient qu’à soi

  on s’amoure à l’arrache. à force de se concentrer sur l’inessentialité on a même oublié de quel côté étaler sa production, sur quel sol recomposer ses têtues négations

  le square mange ses grilles ça le distrait un peu, et de peu digeste en empalement sûr, l’espace recommence exactement là où il s’était tu : dans nos bouches vagabondes…

 

l'éternel non-retour

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