tout ce que j’ai souillé, tu l’as aimé

  j’avais envie
  de nager contre
  le
  courant aigu
  de ses muqueuses
  ici-bas ou là-haut
  ici-haut ou là-bas
  quelque part en tout cas
  plus vif que mort

  leurs beaux bateaux
  ma ruse à moi
  mon cheval de toi
  mon sang très pur
  en toi si pure
  et leurs visages aussitôt
  muèrent en étrange
  physionomie

  qu’est-ce que
  c’est
  papier-poussière
  je revis un moment
  juste le temps de
  rembobiner le
  temps mort
  le déterrer
  le aérer

  totalement
  morte ou encore
  un peu tanguante
  j’aime l’eau froide
  ainsi que tout le
  souffle perdu
  à la tiédir.
  dehors est un
  bus en pleine
  dérive

  on mord dedans
  même quand on
  ne mord rien
  même sans dents
  sans armes
  sans la hargne
  in-dis-pen-sable
  juste à rester
  là vaguement
  debout

  nuque
  brisée
  échine
  courbée
  papa va à la mer
  papa va introduire
  la mort dans l’œuf
  passe sa rage

 

tout ce que j'ai souillé, tu l'as aimé

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