chante-mi d’dans

  j’ai beaucoup joué ces derniers temps
  avec la queue
  du loup
  c’est pas comme si vêtu
  d’une bête peau d’âne je retournais
  à mon caillou, ceint d’une vague
  échouée…

  tu aurais pu t’appeler un nom, une autre maison
  mais dans tes pas las se noyaient
  les jambes d’un étranger

  et alors qu’est-ce qu’il a fait
  à part jouer dans le sable
  et se tromper d’objet ?
  et sinon qui réveillera
  tout d’un brame, tout d’une route
  les peinards absents ?

  là n’est pas l’heure, là n’est pas
  le lieu, la réponse à pas d’question
  – jusqu’où dans la lumière
  creuser, grimper, ramper :
  risquer son âme ?

  toute bourrée, toute pointue, toute
  part de miel en moi – celle bra-
  vant le fauve en moi

  je ne suis pas la victoire
  j’ignore ce qu’est la victoire
  des montagnes meurent à mes pieds, à mon chevet
  le vide même se prend à rêver…

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