froid dedans, et plus au fond encore

  le point commun entre moi et moi c’est presque moi, l’équation à trois inconnues
  la peur quant au niveau de la mer aussi, qu’il baisse, qu’il remonte
  des i sans les points sur les i déambulent hagards, et nous ressemblent trop

  chien levant, marcel courant, on accorde si peu d’importance à ces choses-là, ces choses-là qui nous intimisent, nous intimident
  et dès que l’on sort du courant c’est pour renouer encore, à une forme de veillance
  on meute en chien, on couve en loup, on se dit qu’on aurait fait mieux, mais d’on ne sait quoi

  j’ai fini le paquet de chips, comme ça, sans le dire à personne
  parce que le fond du fond submerge a minima la semelle, ce qui déjà laisse à tremper la plante
  du pied, du nez, et de tout ce qu’il a fallu faire ou ne pas faire pour survivre
  peut-être malgré soi – mais qui tient encore ce genre de compte, l’âge passé ?

  je marche dans mon ombre, plus encore que l’ombre dans mon dos
  caresse-moi la tête, la nuque les épaules, et jusqu’à la racine d’un feu de détresse
  tu n’entends rien, on n’entend rien, et celui-là même qui hurle n’entend rien
  il n’a même pas fini son huître…

  les gens ils savent parler, ils savent parler et ça ressemble à des phrases, à des discours ambiants
  moi j’aime bien les gens, tels qu’ils clignotent la nuit, en bout de quai
  je voudrais tant parler fin, parler vrai comme kafka en plein naufrage, mais là on m’a volé ma bouée
  et sans ma bouée j’ai pas l’courage…

 

froid dedans, et plus au fond encore

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