la nuit habite un homme cru. un homme habite une baraque délibérément vide
c’est la vie d’un homme, et qu’est-ce que la vie d’un homme, la vie d’un homme est vide
vide de tout ce qui l’encombre, l’entrave, émet ce petit son
quand on appuie dessus
ou qu’on enfonce le doigt
je parle très mal allemand, j’écrase les chips entre mes doigts gras
si je ne t’entends guère c’est que tu ne parles guère, je vois défiler toutes ces paresses où personne ne ride. on dort un minimum
sinon on meurt. on finit
par dormir un minimum
un homme n’est pas un homme tant qu’il n’est pas un chien
quelqu’un de la fenêtre d’en face m’observe avec insistance sans même m’apercevoir
moi par exemple je ne me vois pas. je cherche ta langue dans le noir mais je ne me vois pas
je ne sens pas ma langue
je trempe désespérément mais je ne goûte pas ma langue
un lien m’a tissé dès lors indéfectible. je ne ressemble pas.
je pense que si je tends la main une joue finira par s’y fracasser. je pose par terre
je pose par terre, là sans prétendre à rien, puis je m’appelle bras
je rappelle ce bras, le replie sous la manche. un homme meurt et vit sous ses bras
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