par amour ricochet

  d’un monde croulant sous l’insignifiance, je retire ma dent
  je retire ma dent, chérie, d’un monde croulant de son insignifiance
  l’insignifiance défonce la voûte

  cours moyen un, on s’sépare, cours moyen deux
  on s’sépare du temps, on s’sépare du lieu – on s’sépare du mords-moi l’queue
  en amont le ton est dur, en aval la pente douce
  jusqu’à la mer de fer

  issu d’un croisement entre une averse et un caillou, on déplore je sais
  on déplore de nombreux morts, mais d’un caillou et d’une averse, quand même!
  on déplore même un g’nou, déporté loin au nord…

  la reconnaissance buccale, on trempe la langue dedans
  on trempe la langue dedans, on arrête avec les divergences, on cesse avec
  les diversions – juste faire attention à ne pas
  dès le départ se tromper d’bouche, la reconnaissance buccale

  rien ne se passe comme prévu, vu qu’on n’avait rien prévu
  on avait pas prévu, par exemple, de bonbons
  ni de siège éjectable, on s’est donc retrouvé nu, congénitalement nu
  dans l’air glacial nu, une main devant cachant le sexe, l’autre esquissant sur le côté
  le geste d’un timide adieu

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