prisonnier de mon disque

  il ne s’entendait pas crier. il ne s’entendait pas tomber. il n’en tombait pas moins d’une rêche main de fer.
  et c’est toute tremblante qu’elle parut dans son rêve, alors que, depuis un certain temps déjà, il ne
  s’entendait plus rêver…

  il y a de la neige. même en hiver il y a de la neige
  j’en cueille parfois une poignée, ou j’ouvre grand la gueule pour y sentir se déposer et aussitôt fondre sur la langue quelques flocons
  à de rares exceptions près, on peut dire que je frôlai l’extase

  peut-on parler de bonheur à une femme qui dîne avec le temps ?
  je ne portais pas de masque en ce temps-là, mes gants étaient de chair humaine
  c’est comme pour le coït, la nausée viendrait plus tard, surprenant les amants atterrés

  il ne m’embrasse pas. d’ailleurs il ne m’embrasse plus. il fait comme si nuit blanche…
  son regard de cendres étale sur les choses un léger linceul d’indifférence
  il faut attendre le lundi pour se faire une idée plus ou moins précise de l’équilibre à rétablir

  je ne porte en moi que ce qui s’y répand, et s’y répand c’est vous
  après tout rien ne m’oblige, rien de surcroît ne m’autorise
  ténues les pointes de pieds sur lesquelles j’avance, et tant d’espoir châtié

 

prisonnier de mon disque

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