se planter de mémoire. le sexe d’une naine

  il tombe de l’eau toutes les secondes, il tombe de l’eau toutes les matières
  et puis c’est fini. il faut bien le reconnaître, c’est fini. poignée de mer gerbe de roses, etcetera
  poignée de main, alcool limpide. il aurait fallu s’entendre bafouiller quelques mots, ou ce silence à cran en guise d’épitaphe
  il tombe de l’eau, mais pas que sur les chiens

  caresse-moi debout, couché s’est mal assis
  sur un seul moignon je tourne en rond, en rond c’est confortable
  d’un léger tournis malgré tout, on finit par être pris. cela pèse sur la hanche
  un trou d’air ça surprend, caresse-moi debout, d’aplomb ou même d’un cil vers le milieu

  je me suis mélangé à la bande sonore. après m’en être recouvert le corps
  notre vie dans le bunker, au demeurant s’asseoir là, l’antenne tendue, à soupeser de loin l’ombre de sa propre inertie
  une fois le socle brisé il faudra réapprendre à rester en suspens dans l’air vicié, et endurer le froid

  je mange des trucs bizarres. il faut dire que je n’ai pas l’habitude
  passer sa vie à récurer sa fosse, à regarder filer sa chance entre les jambes des pleureuses
  franchement je devrais mieux me nourrir. et m’hydrater régulièrement. prendre soin de soi garde ses distances
  au lieu de ça se mettre à saigner, du nez, du front, et de toutes ses bassesses…

  étend ses jambes à la dérive
  glisse un regard terreux sous le ciel misérable
  renoue sans enthousiasme avec une ancienne maîtresse
  s’accroche désespérément aux grilles du parloir
  et se demande sur quel pied esquisser le premier pas, hein, sur quel pied ?

 

se planter de mémoire. le sexe d'une naine

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