de trois à cinq heures du matin, je sors du cercueil, ou disons
mon cercueil s’élargit aux dimensions de l’horizon, à quelques pouces près celles de
ma psyché psychanthropique
ou bien de son envers – c’est la plage ou c’est la mer, la plage sous la mer, et qui déborde un peu
de trois à cinq heures du matin, quand je déborde un peu…
quelque chose, quelque part, chante
c’est en moi et je n’y suis pour rien, quelque chose chante je ne
reconnais pas ma voix, je ne reconnais pas mes mots
c’est en moi panier percé, je ne le retiens pas, je n’y reconnais pas mon souffle non plus
quelque chose, quelque part, chante
et je ne l’entends pas
je n’ai pas d’ami
j’ignore sincèrement pourquoi je n’ai pas d’ami, on ne touche pas
le sexe de son ami
par le fenêtre je n’ai pas d’ami, par la porte je n’ai pas d’ami, un ami me dégoûte
je n’ai pas de sexe pour un ami
on n’écrase pas tous les escargots sur son chemin, seulement quelques uns
tout au fond des terriers, ou dans un arbre mort…
le doigt dans l’œil du miroir, un peu après minuit dans le coin des consignes
le doigt dans l’œil du mort, ça c’est dit ça c’est fait, je rentre chez moi
chez moi je rentre. par où que j’aille, quoi que je reste, je rentre chez moi
au pied levé chez moi, à cloche-pied chez moi, ou claudiquant
je marche dedans, dès le lever je te dis que je marche dedans
c’est dégueulasse j’en conviens, mais je rentre chez moi
qu’importe où je me noie…
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