émanations de l’en-deçà

  il me manque quelque chose, quelque chose comme une barque, la barque au fond d’un puits
  je ne sais pas remonter, déclencher la marée. je ne sais pas soulever la surface
  c’est déjà beau qu’il y ait une surface

  il ploie sous son propre poids, il s’enfonce par le vide en lui. en lui il ne fait que s’ouvrir, s’écarter
  un peu plus loin périssent les animaux. on ne fait pas attention aux animaux
  on en oublie la raison

  j’avale un cheveu
  c’est avec peine que je l’annonce, j’avale un cheveu
  qui plus est noir
  tu es persuadée que je souffre or je ne souffre pas. je retourne le mur c’est tout
  mais je garde les draps
  ça les draps, je ne les change pas

  il pleut dans la même substance
  il se tait à la même cadence
  il va falloir ne rien faire, soutenir ne rien faire
  le regarder droit dans les yeux
  le regarder droit dans les yeux

  ne reste de chacun qu’un appel sans réponse, un écho morne
  dors dans tes bras, dors dans ta crasse – rien ne sert de réactiver l’alarme du réveil : elle ne
  retentira plus…

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