je ne mendie pas. j’en ai assez de mendier. mendier me prend au dépourvu
exister là se mange froid, en hors-d’œuvre ou
sous la table. d’ailleurs j’en scie le pied, pour en faire un radeau et
dériver. dériver jusqu’à plus faim
dériver jusqu’à plus soif
on se donne tout l’un à l’autre, et on succombe
on sonde un vide. c’est comme une autopsie pratiquée sur un sujet vivant, on teste le merle
l’étau se resserrant, il va falloir faire preuve de
lucidité, écume de l’ivresse
ou lie
une quantité de ferraille. cette ferraille n’achète rien
ne rachète pas
je laisse une femme au pas de ma porte. parfois je l’insulte, ou je lui pisse dessus
c’est ainsi qu’elle me tient, par la honte de moi qu’elle entretient entre ses cuisses
dans le solvant
tombé aphone, la chanson ne sort pas
claquer des doigts, comme s’il restait des doigts ou comme si les doigts
n’avaient que ça à faire
non, les doigts n’ont rien à faire
ils claquent des dents
à cause du froid
à cause du froid entre autres
à cause du froid surtout
les jours fériés je me dis tiens
les jours fériés on ne s’aime pas, je suis le seul à bras levé, criant présence ainsi qu’on crie famine
les jours fériés l’amour rend fou
l’amour éjacule un pet mou
tâche de t’y faire
ou tâche de t’en défaire
je me gratte l’aisselle. l’aisselle prend feu. la forêt en automne
non, l’aisselle s’agenouille
elle prie
elle se pique le sexe, comme on pique son chien

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