un chien, une butte
une butte, un chien encore
la même butte toujours, n’importe quel chien
il y a quelqu’un au fond de moi dont la fonction consiste à recevoir mes pierres
mes coups d’ciseaux
mes excréments
s’il se relève c’est que je ne suis pas définitivement couché
une vie importe, une autre vie importe, mais si peu
si tellement peu
si seulement pour soi
si tellement pour soi que finalement pour rien
elle sourit de toutes ses dents quand elle a perdu toutes ses dents
bref elle ne sourit pas franchement, sa bouche fait un trou dans la langue
mes maisons s’agglutinent dans le cube d’un espace SDF
j’appelle à moi les filles en chemise synthétique, les garçons s’étranglent dans leur propre vomi – ils doivent s’annihiler pour survivre
le néant étant devenu leur seul espoir de survie
c’est une bouée sans air
il traînait du muguet partout en ce temps-là, des lilas faméliques
aux mamelles blêmes de promesses intenables
je me suis réfugié dans le métro comme on enfile un sous-pull à col roulé
comme on entre à poil dans des douches collectives
j’ai eu peur de tout, sauf précisément de mourir à cet instant-là
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