l’atroce entre dans mon corps. on rappelle ça être soi
on trouve un arbre au milieu et c’est celui-là qu’on extermine. on lui éclate la tronche
tout au fond d’un pliage savant on découvre également le point rose, ou violet, selon les feutres disponibles
tu m’appelles comment, tu m’appelles pourtant, je ne reconnais pas le nom par lequel tu m’appelles
je réponds malgré tout. je réponds dès que la bouche vide, dès qu’on ne sait plus quoi dire
je réponds par mon nom. mon nom dont le nom qu’on s’ignore, d’où celui-là
une bouche ne s’ouvre pas, une bouche
refuse de mordre, de sucer, de s’approprier la bouche
je parle à mon étang, mon étang mon marais, mais ça reste plus classe de dire mon étang
j’avale une pilule, je coupe une pilule en deux, de la même façon qu’on coupe sa pelure, ou sa peluche en deux
il faudra remonter jusqu’à la racine de misère, revenir au terre-vide, au meurtre de l’indien
puis ensevelir mes organes génitaux dans un trou creusé avec mes mains, que je recouvrirai ensuite de fleurs qui n’y ressemblent pas
puisqu’elles n’existent pas
le pire, c’est de renaître
renaître trahit tout. renaître n’a pas d’odeur. il rompt la fidélité
j’ai le pansement mais sous le pansement la blessure pullule, on la racle avec les dents
on la suce avec la langue, tu me diras aussi
on la creuse avec le temps

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