les petits escaliers
tu tournes à droite et tu montes les petits escaliers
tu descends les petits escaliers, puis tu remontes les petits escaliers
c’est alors seulement que tu peux penser et décider du sens à donner à ta vie
j’engageai un homme mort. un homme mort c’est plus sûr
on ne se pointe pas comme ça n’importe où à l’improviste, même si au fond on ne fait que errer, au gré de rien, au pied du fond
quelqu’un ressemble à mon ennemi le plus pur alors je le mets debout dans la bassine et je le lave au gant
je lui frotte les nichons je lui lave les intestins, je lui essuie les genoux je lui nettoie les oreilles
évidemment, il se laisse faire sans broncher
quelqu’un m’a pris la couleur de mes yeux, le monde m’apparaît uniforme dorénavant
je me mouche dans tes vêtements, dans chaque bout de tissu de tes vêtements, et cela non pour te souiller, ou parce que je serais enrhumé, mais par pure timidité
elles saturent en tout point. alors je fais mon sac. je sors. je marche dans la ville
je n’aurais jamais cru la ville si grande. je n’aurais jamais cru la ville si creuse. j’en cherche le point névralgique et je découvre la gare
chaque point cardinal a sa gare. je me réfugie dans la gare des trains sans destination, des départs sans conviction
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