d’un décor la triste confidence

  j’vais zoner. j’ai envie de zoner
  qu’il pleuve qu’il vente, qu’il gèle qu’il grêle, moi je veux zoner
  zoner contre tout soleil entourloupeur, ou restriction mentale
  en équilibre sur la croix, ivre de ma propre mort, universelle à mon échelle

  un à un ai-je perdu mes accents – de classe ou régional, de langue co-maternelle, poivrons braisés
  mon arménie à moi prend place sur un sommet pelé mon arménie à moi
  prend le large à tout bord

  j’ai le bord d’un homme – et où tombe t-on du bord d’un homme ?
  le vertige instituerait donc l’homme ?
  je m’assaille de nuit, je m’assaille de jour, quoique le jour je me repose

  je suis la femme d’un homme, plus exactement de cet homme sans femme, je suis une alouette
  frottée contre le bois mouillé
  je ne m’y ferai jamais – à quoi à rien, à rien ne m’assimilerai
  j’ai l’exil dans la peau, germe de toute dérive, du vent dans les barreaux

  hostilité ma pure hostilité. tu te laves pas les dents
  un être de comptoir – non. le triste confort du nénuphar – non.
  j’achète des dents. j’achète des dents cependant
  personne pour me rendre ma langue, me restituer le souffle

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