bouffée de chaleur. et ce dans le contexte d’un soi minimal
rien de plus libre que le néant, ce qui nous incite à penser que le néant ne suffit pas
et de cette insuffisance nous ne prétendons certes pas faire un miracle – non, un miracle c’est beaucoup trop, et beaucoup trop gâte le peu –
mais quelque chose, même pas : presque rien, à peine plus que le rien, c’est à dire radicalement quoi, qui reverdirait le désert s’enfonce
j’embrasse le couteau. comme s’il se constituait de deux lèvres qu’il faudrait entrouvrir
faire le grand écart ne suffira pas à enjamber le danube je crains, je ne fais pas le pont je ne fais pas
l’abri sous le pont, ni en levant les bras et en joignant les mains au-dessus de ma tête
demeure la chance, unique et miséricordieuse, que les choses nous échappent – peut-être définitivement peut-être momentanément, peut-être
asymptomatiquement
soif de bois
soif de charbon dans le bois. de cendre dans le fer et la lumière
j’habite un cheval, et ne compte pas sortir de ce cheval, même par une nuit obscure. même au petit galop. au pas de loup
le système des morts consiste à les élever le plus haut possible, tant il est encore temps
j’allais dire il n’y a plus d’homme en moi, et puis j’ai pensé non : il n’y a plus que l’homme en moi, l’homme de moi
d’une façon ou de l’autre, il s’agit bien d’une seule et même chose insinuée là, à savoir l’impossibilité d’être plus que ce que je ne suis pas, et qui tire vers l’ultraviolet
ou vers la transparence, un genre de bleu sans le bleu, de vent dénué de souffle
c’est comme imagine un jour de neige, un jour vraiment
où il neige
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