ton terrain va, qui a bu ton terrain va
ce n’est certes pas ta femme, ton ex ni ton ex-ex-femme, qui a bu ton terrain va, va
dans la nuit tout de même, quelque chose a sonné, un cimetière s’est levé
il y a un homme, et puis il y a un homme encore – nous n’y sommes pour quasiment rien
j’achète un mouchoir. je me mouche dans un coin de ce même mouchoir mais rien n’en sort, je pense n’avoir plus d’âme
je pense avoir épuisé toute l’âme disponible, ainsi que celle de mes bêtes
esseulé je m’agrippe à ce pauvre mouchoir
on se reconnaîtra les uns les autres, les uns des autres au minimum
on ne sait pas encore que désormais l’un va sans l’autre, quoique l’autre, celui-là qui pédale, continue de s’appuyer sur l’un
on se tâte le sexe, on dit ça sent bizarre, on passe outre
on passe outre, c’est tout ce qui importe
je m’approche. je le sens pas. je m’approche encore un peu. je le sens toujours pas, ou à peine plus
je t’attends à la gare routière, la gare glauque et routière, je médite un trou noir
par avance un trou noir
un jour j’étais pas prêt. le jour d’après guère plus, dorénavant
je travaille pour rien, je travaille même pas, je suis un homme à reculons
je compte pour rien, je ne compte même plus, je tire une carte, bouge un genou
mauvaise pioche mauvaise carte, tombé sur le mauvais g’nou
il y a un homme et il est mort, il y a un homme il crie encore
il y a des ports pourris aussi – comme gijon, cherbourg
cherbourg ou encore le pirée
enfin un truc du genre
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