du temps à l’état pur, du temps que rien n’occupe, néant sans
contradicteur.
planète morte, miroir aveugle, du temps s’écoule à vide, dure en pure perte.
même pas la mort : rien que la pensée
nue de la mort
objet dur, épingle longue
mollet. fesse. sein.
c’est comme le vide au centre de la roue, n’être femme qu’autour d’un trou, qu’au contact d’un trou
où vis versa. on ne
se constitue véritablement être que face au néant, qu’au contact du trou
de l’éternel trou en nous
le jour venu, je jette l’éponge – je jette l’éponge j’engrosse un cheveu
les mains posées à plat sur un ciel clandestin, choisir l’émigration
un cheveu châtain de préférence, la ligne impure, commun fuyant
le jour venu j’essuie l’orage, je rase les murs – les mains
librement consentantes au toucher des confins
le temps apporte aux choses la distance nécessaire à l’éclosion de leur conscience, c’est à dire à leur différenciation
dans le miroir, l’image trahit le visage qui n’est plus sien en propre, mais la transgression de toute identité
étranger à soi-même, et désormais soi-même en tant que l’on s’en découvre l’étranger – soi de son étrangeté
l’Un révélant à l’ébahissement de tous son sexe clair intégral
l’homme jamais vraiment parti, mais jamais tout à fait revenu non plus – comment veux-tu qu’il vive ?
que ferait-il d’autre que vivre néanmoins ? à quelle totalité recourir quand à un bout du vide on se souvient de soi à l’autre bout ?
l’éternité ne fait pas de saut périlleux : c’est le saut périlleux qui
engendre l’éternité
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