soleil de nos rond-points

  la pluie imite l’homme qui chavire, ou bien qui boite
  il faut partir d’ici, absolument d’ici, de partout ailleurs il faut se défausser
  champs laissés en jachère, affections clandestines, il faut d’abord s’enfuir
  après quoi on verra où

  braire. tiens braire à tue-tête, sinistre. braire à mi-bouche
  je ne m’appelle pas. tu ne t’appelles pas. ne nous appelons pas, sauf une fois, pour une angine de poitrine
  je me sers d’un homme un homme ne me sert à rien, de rien
  je reste vide de nom, de pronom, aphone face au cri, adossé à la nuit

  clashe-mi d’dans. peur entretemps, peur
  je veux bien te chercher pou, ou dent, t’accompagner un ch’val vivant mais je crains, je crains de n’être rien pour vous je crains
  de n’être rien pour moi – ni celui que l’on croit
  ni celui selon soi

  ça fait des plombes que je marche et je n’arrive que là, jamais plus loin que là
  je pensais être né de quelqu’un, de quelque part, je croyais être là au présent
  je fais mes exercices pourtant. je supporte la nuit pourtant
  pourtant. et pourtant non

  vaste l’envergure
  vaste l’envergure après le décollage
  tout comme si je naissais d’une pluie fine entre les dents
  il vacille, or de quoi vacille t-il ?
  il est d’un homme en sorte, en quelque sorte un homme
  – un homme de nulle sorte…

 

soleil de nos rond-points

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