au bout du compte n’importe quoi. il ne
se retourne même pas sur son propre passage, on le verrait se faire de la main
un simple signe d’adieu. la séparation cause la déchirure, la déchirure
un certain saignement
cela n’a plus d’importance. on se raccroche à son vélo, son vélo aux trois quarts enterré
debout sera content. debout pliera. debout ploiera. puis debout tombera
un sourire renaissait sur ses lèvres. c’est émouvant voir un sourire renaître
sur des lèvres gercées
cela fait froid dans le dos
il ne se passe rien sans que j’aie froid dans le dos
où que je tourne le dos, je ne parviens pas à en détacher l’ombre
j’ai beau frotter, frotter, le froid perdure, pénétrant
que dire d’autre du froid si ce n’est pénétrant
j’ai des sous le matin. j’ai des sous chaque matin. je ne sais
que faire de ces sous. je reste assis à ma table. il vaut mieux que je reste assis à ma table. je ne sais
que faire du matin, que faire assis là à ma table, que faire de la table
j’y pose mes sous. pas tous : des sous. de quoi payer la consommation, je suppose. nous savons de source sûre cependant
que je ne consomme pas, ou si peu. que je suis et demeure là à simple titre
d’indication
je ne me noierai pas. cette fois je ne me noierai pas
je ne tousserai même pas
mes jambes deux rames. mes bras deux rames. mon sexe une rame
ma tête un tuba
pas question dans ces conditions de se noyer ou quoi que ce soit de ce genre, je resterai fidèle à la surface
je resterai fidèle à l’air ambiant
je ne rentrerai plus chez moi

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