il est trop tard, définitivement trop tard
trop tard pour quoi on s’en fout désormais, puisqu’il est de toute façon défi-
nitivement trop tard
t’as comme l’impression d’arriver là quand la fille est repartie déjà, sans laisser ni nom ni adresse
et qu’elle ne repassera évidemment pas
ton soleil inexistentiel, ta vertu matricielle
c’est pour t’entraîner à la mort
s’il y a un miracle il y en a mille, un miracle soulignant que tout est possible, et donc le possible nécessaire
sauf pour les mineurs en basquettes ou les chiens en déshérence
le pain devenu dieu, on s’en partage les miettes, on en ramollit l’croûton
dans un bouillon d’eau tiède
c’est tous les quatre ans la même chose, il neige
il neige et c’est là tout
l’art de la chute
parle-moi avec ta bouche, parle-moi avec tes mains, parle-moi tout c’qui bouge
errer sans but, sur le chemin qui mène de la maison à la maison, vaste plaine
trou béant
d’abord tu me dénoues les doigts et ensuite tu me panses les paumes
tu pourrais leur pisser dessus, les genoux écartés et accroupie dessus
je m’y parviens pas. il y a tout ce silence et je n’y parviens pas
le silence me dépasse
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