la fin d’un monde, soit. ou le début de rien du tout
le fameux rien du tout
seul avoir aimé justifie d’avoir vécu, on est d’accord
ne plus aimer cependant fait de nous un quasi-dieu. car dieu n’aime pas.
l’outre du sang versé. la passion liant le couteau à la plaie
– j’aurais espéré être le vivant de quelque chose…
ta guerre n’est pas la mienne, et pourtant c’est contre moi que tu la mènes
nous sommes semblables depuis le temps où nous nous crachons dessus, et camarades depuis celui où nous nous essuyons l’un l’autre nos putrides bavures
s’il y a un homme c’est qu’un autre homme effectivement
rôde dans les parages…
le lien s’avère si court, le lien s’avère si bref que s’essouffle le nœud, et que c’est de ce nœud néanmoins
que le lien ne rompt pas.
la fidélité nous trompe, on s’échange nos tampons. la fidélité se louche des yeux, rebat les cils
nous comblerons donc ce fossé en nous y jetant, tout simplement
en aboyant tout doucement
en récitant nos dents
la terre elle est comme ça, chiotte, la terre elle est comme ci – on est mal barré
nous nous asseyons sur le muret. nous nous adossons au vent courant
vivre ne suffit pas, et mourir ne guérira rien
aimer à perte de vue certes, réparer ses lunettes certes, retourner là d’où l’on ne vient pas – quoi d’autre ?
je ne pense pas qu’on se revoie jamais. avoir été n’excuse pas tout, ni même le tiers ou le quart de tout
on chante, mais à part soi, ou entre soi. et quand on chante en soi tout un monde disparaît, réapparaît
non, disparaît.
mon chien n’a mordu que du vide
on va quand même pas en faire un poème, non – mon chien
n’a mordu que du vide
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