c’est la dernière heure
il n’y aura donc plus d’heure après cela
je ne connais rien à rien, ne suis issu de rien, je le jure, mais avorté
dans le rien nettoyé
la peur aux dents
d’un côté j’ai la peur, de l’autre j’ai les dents
un homme libre c’est compliqué, je ferai donc l’animal sensible, le petit animal sensible
on est peut-être heureux comme ça. peut-être même qu’on le croit vraiment, et tant qu’on finit par s’envoler
on est des braves gens c’est vrai on est
de modestes ordures
tout ce dont je me souviens, c’est du froid
permanent, le froid
permanents les chemins qui ne mèneront jamais à soi, mèneront à n’importe quoi sauf à soi, or maintenant c’est fini
définitivement clos
en somme tout ouvert
ce n’est pas la même chose. ce n’est jamais la même chose. j’y connais rien en rhétorique…
je ne m’accompagnerai pas plus à mon dernier souffle, je ne me
substituerai pas à l’idée que je me fais de moi-même ou de n’importe qui
de n’appartenir à rien, je me tresse les cheveux, j’hurle au loup hurlant à la mort. on s’est trop embrassés
on s’est tant embrassés qu’embrasser ne signifie plus rien qu’un bout de gras
il va falloir montrer son corps. il va falloir exposer son âme. or nul n’y est prêt
il va falloir en outre ne faire preuve de rien, d’absolument rien, ne plus endosser le rôle ne serait-ce que d’un homme
tout au plus voyager sous une fausse identité, traînant une valise vide
j’ignore d’où tu me tiens la main, je ne meurs pas tous les jours au même endroit
alors embrasse-moi, embrasse-moi partout en toi
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