dans tes yeux. j’ai juste voulu savoir à quoi je ressemblais dans tes yeux
et puis non – en fait je me suis rappelé une recette de mon enfance, avec du miel et des amandes
beaucoup de miel, beaucoup d’amandes, et peut-être aussi le pouvoir de se transformer en toupie
pour vaincre le vertige
il est le mortier sublime, il s’abîme en détresse
on est tous plus ou moins mort, mais tous un peu trop mort pour rien
on s’appelle peu ou prou par son nom, on s’appelle pour peu qu’on s’appelle rien du tout
et contre toute raison, ou selon toute raison, c’est là qu’on se répond
t’as la mort parmi nous, t’as la mort parmi soi – le nous du moi tu vois, on en est déjà à l’inceste. ou à l’égocide, je sais plus
me voilà donc maître d’un lieu qui n’existe pas, d’un non-lieu disons pur, d’une petite exception
d’un sac de couchage
je ne comprends pas que je ne me comprenne pas, alors que tout semblait si simple, ou du moins simplifiable
ta moule mon cul, ton cul ma douille, j’échangeai mes morpions
contre un retour de flamme
et si dans le miroir tu ressembles à celle dans le miroir, c’est que je n’ai jamais réussi à être autre que moi, ça, comme à défaut de soi
j’appelle pas ma douleur. en fait j’appelle personne – je crois me fondre en elle alors que je ne fais qu’échouer
sur un divan mouillé.
mon homme par ailleurs est un pur cheval d’indécence, il y a autre chose encore qui vit en moi
et dont je suis comme l’écorce, la mue défectueuse.
qui veut ma mort me veut encore. qui m’embrasse a la bouche de travers
ta nuit comme elle s’en-nuite, tant qu’elle ne s’abolit pas en soi.
je me suis passé de gants, de corps, d’esprit. j’ai ramassé les glands tombés – je ne suis finalement la femme de personne.
que faire d’autre que mourir si l’on ne meurt pas, et que faire d’autre que mentir quand l’eau bout d’ici-là…

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