mon amour, mon ambulance

  la nuit supporte la nuit, l’amour l’amour, et le cintre mon fantôme…
  un là naît là de moi. un homme aussi, quand bien même il se tait. on l’entend pas se taire ce qui n’empêche
  son silence de nous percer les tympans

  à la cantine aujourd’hui, c’est macchabée
  tournent les choses dans le sens d’un drame ultime. je ne réponds de rien
  je ne réponds à rien. c’est toi que je vois dès que je me penche sur le miroir
  toi le mazout, toi l’ardoise
  toi le temps mis à se compter nu

  décapite le son
  un immeuble entier. tel je me sens dépossédé
  et dans la caresse ce besoin de proximité, de reconnexion, bouchonner la racine
  oh mon être, oh mon malêtre, oh ces résurgences irrépressibles de salpêtre
  mange entre ami, mange ton ami, mon ami se réveille de la mort

  les hommes nus dans ma patrie. mon père est mort. même pas parvenu à la résurrection
  les hommes nus ratiboisent ma patrie. j’ai pris mon sac, ou ma besace. la douleur dans mon sac
  on tiendra bon

  chaque nuit j’amorce un peu. chaque nuit je rêve
  d’abroger le je qui me gouverne, de ne plus dire je, l’abolir dans un silence plus large. chaque nuit je
  superpose les billes, me demandant
  comment les faire tenir en équilibre l’une sur l’autre, les billes…

 

mon amour, mon ambulance

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