je ne peux pas différencier ma vie d’un esprit subjugué. je sasse et je ressasse un nom dans ma tête, et j’approuve le fait que mon existence ne veuille rien dire
non, ce n’est pas ça: ne signifie rien, mais veuille tant et tant dire
que je ne sais par quoi commencer, que je ne sais que dire
avoir pitié c’est reconnaître la mort et le néant en l’autre comme en soi, alors qu’aimer c’est reconnaître le feu et la lumière en l’autre comme en soi
on ne peut aller au-delà ni en-deçà de telles expériences. éprouver ces extrêmes nous fait connaître tout ce qu’il y a à connaître, le reste se réduisant à de fallacieux commentaires, ou à de piteux détails techniques
j’ai du rater quelque chose pourtant
et sur ce raté-là j’ai déconstruit ma vie, mon identité a chié sur mon identité
c’est ainsi que j’ai vaincu la mort au moment-même où la mort me vainquait, comme tout le monde en somme…
évidemment que je n’ai rien vaincu, et qu’il n’existait en moi rien à vaincre. c’est là d’ailleurs ma seule raison de causer, et de causer pour rien, de causer sans raison
quand je dis chien tout le monde aboie, sauf le chien, qui n’a d’ennemi que son ombre inconstante. il existe un lien insécable entre la charogne et la lumière
concevoir ce lien délivre le salut. il n’y a sur terre et dans le ciel d’autre nécessité que celle du salut
et pis causer effeuille les pâquerettes
humanité canard boiteux, mais je n’endosserai pas le rôle de l’arracheur de dents
je n’aurai fait qu’aimer en une seule fois, et pour toutes. n’étant qu’humanité, un truc qui pend à sa croix et qui cherche encore le sens de sa chute ou de la lumière qu’importe, alors que toute chute déclenche la lumière, l’irréelle,
la quasiment éternelle…
Laisser un commentaire