je marche au travers d’histoires courtes
sur une route sans fin puisque intégrant son au-delà, ou d’un au-delà duquel elle n’est que la trace ou dont je
ne suis que la trace, écrite
c’est grave, mais peut-être pas tant que ça, finalement
la voie est libre
cela signifie qu’il existe une issue, pas forcément heureuse mais issue toutefois
quasiment une échappatoire
une échappée belle quand bien même laide, puisqu’avant tout échappée
ce qui se dit tel que cela s’entend dans la langue des signes
il y a l’un
et plus un encore que l’un, l’ombre de l’un, dont on peine à discerner les limites
et qui puise en mon esprit ses pensées défectueuses, ses réminiscences tronquées
j’admire un homme noyé de haut en bas, malgré tout persistant à s’enfler d’un air incroyablement pur
j’enfile des pas de loup
je me fais le ventriloque d’un loup
mon hurlement glace tout un bois, et gèle la distance qui me sépare de ma profonde raison d’être
à moins qu’il n’existe à mon être nulle raison, tant profonde que superflue
et que tout cela ne soit que mots, brouillon d’un poème équivoque
c’est bizarre mais une fois transpercé, le chemin le plus court consiste à traverser toute la lance
mon sommeil git en mille morceaux sur le miroir de l’éveil
je dis miroir comme je pourrais tout aussi bien parler de mer selon toutes ses coutures
et sous un œil rond
l’homme du bout du monde ressemble à une femme, une femme qui
regarderait dans l’autre sens, n’importe
quel autre sens, mais d’où remonterait
le mugissement des fonds

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