sous les morts la joconde

  genre fusée ou missile, sauf que là je bouge pas d’un pouce
  je chéris mon origine et simultanément en avoir à ce point dévié me déchire
  du coup on sait plus comment se regarder, se dire frérot, camarade, ami qui mésenchante…

  mourir comme une femme, comme une femme en soi. je n’arrive pas à mourir comme une femme
  déjà que mourir tout simplement, ou mourir comme moi, ça ne marche pas trop…
  je pense être un homme du fait même de ne pas arriver à mourir, que ce soit comme femme ou autrement
  surtout quand elle ne me regarde pas, et que cela malencontreusement se voit

  j’étais encore connecté à cette époque, même si je ne restais au fond que le témoin-lige
  témoin de quoi témoin de soi, tel qu’il file vers ou se retourne
  sur un vide clandestin
  le témoin, ne serait-ce pas celui dont personne jamais ne sera le témoin ?

  j’ai des yeux partout mais jamais jusqu’au bout
  que de pardonner dépende incessamment d’être pardonné ne peut satisfaire au sens un tant soit peu moral de notre déroute active
  donc je trempe. je trempe mon pain dedans. je veux dire dans la boue

  le chien est dieu
  le chien est dieu auquel il manque l’homme, le chien est dieu enfin débarrassé de l’homme
  il erre. il s’agit en effet d’un chien errant
  comme on qualifierait l’homme de juif errant. et donc le chien d’errant humain
  d’ailleurs il parle couramment yiddish
  l’hébreu, c’est plutôt pour les hommes
  le grec pour la mer

 

sous les morts la joconde

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