dieu n’est qu’un homme parmi moi, et plus j’embrasse ton cul moins je recrache d’arêtes. le destin sert de faux alibi
libre ne revient pas à se posséder, libre ne revient pas à se dominer – libre implique que rien ne possède rien mais se donne, que rien ne domine rien mais se rende. le néant ruine nos fumeux fantasmes
et quand s’écroule le fantasme du néant, que faire encore de sa trique, que faire de ses lèvres, que faire d’un dieu debout, d’une femme en colère ?
je ne vais pas verser de larmes sur mes propres pieds, sur mes propres cuisses, je ne vais pas verser de larmes sur ma douloureuse indifférence
je ne dirai au revoir ni adieu à personne, je m’y refuse de près. je croiserai mes dents comme on croise les jambes, les pouces, je croiserai mon sexe
cette haine que j’éprouve à l’égard de mon sexe, comme un instinct de nuit contre le jour qui se lève
je reste incapable de m’habiter, incapable de me quitter. à quoi peut servir à celui que l’on tue de lui dire qu’on le lui ou qu’on se le
pardonne ?
un chien sur mon chien se trouvait allongé, érigé, l’un femelle et l’autre mâle, d’après ce qu’il me semblait
nous incarnons chacun la mort de l’autre, de tous les autres à de rares exceptions près. nous ne nous reconnaissons vraiment l’un l’autre qu’en dieu, c’est à dire personne en personne
c’est à dire tout en soi, en tant que nous ne sommes pas présents mais que la présence nous est, nous tient, et ne nous lâche pas
comment dès lors mourir debout ?
tout est possible, toujours, alors même que rien ne se passe, jamais
un ciel est mort exactement, au moment même où la terre s’envole, cerf-volant cerf-tournant, cerf-brâmant à qui veut bien l’entendre
qu’importe si je reste sourd à la voix si chétive, à de discrets toc-tocs – je n’ai pour m’opposer à l’absoluté du néant que le souvenir précis d’une dissolution béate
– à quoi bon la nommer ?

Laisser un commentaire