qui domine la terre perd le ciel, que rien ni personne ne domine mais d’où la vue sur soi et toute chose
est véritablement imprenable
mon ennui. mon dieu est d’un ennui pur. une porte de sortie. de sortie verrouillée
plus jamais je ne penserai qu’une femme fait de moi ce que je ne suis pas
je n’ai d’autre vérité que l’absence idéale de vérité à laquelle me confronte la mort
l’inodore
toute la vie je suis resté sans boire un coup. d’où la langue sèche, la langue pâlotte
je te fous un coup sur le nez tu me balances un coup dans les burnes, à la fin on ne sait plus distinguer le k.o. du coït
et tout le jour je fulmine ainsi, bouche bée oreilles blètes, tout le jour je crache dedans
un esprit vraisemblablement céleste m’a volé mon vélomoteur, et me voici qui rentre à pied, qui rentre à pied par les mille collines
j’évite une mine sur deux
c’est l’assomption
et l’assomption me va comme un gant mité
j’ai prié quarante mille lièvres pour un peu de tendresse. bon. quarante mille lièvres se sont dispersés, fusant de tous côtés, riant entre leurs dents
tout ça pour à la fin se retrouver à la cave, sordide cave, à jouer aux dominos – pourquoi pas aux dominos
il y a quelque chose de beau, vraiment quelque chose de beau au fond de rien
toutefois, j’en ai marre de la pioche, et j’en ai marre de la pelle, un monde sans grâce n’est pas un monde mais le brut excrément
et la grâce comme la foudre tombe là où elle veut, tellement à côté qu’on finit par les confondre, coup de grâce ou coup de foudre
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